Le travail de Titus-Carmel qui vit et travaille à Oulchy-le-Château, s'organise en suites et en séries – chacune datée et close sur son titre – qui, aboutées les unes aux autres, composent un long récit de la perte mené jusqu'au bord du vide et de l'absence.
Pour la Suite Grünewald (1994-1996) il approfondit sa réflexion sur la transparence et la « remontée » de la couleur. Suivent alors les Nielles (1996-1998) (présentées en intégralité à l'Arsenal en 1998) où est privilégié le noir, puis quatre séries liées à la Nature et au Jardin, identification d'une présence dans le désordre naturel du monde. La Bibliothèque d'Urcée (2006-2009) est un long cycle de peintures et d'oeuvres sur papier marouflé qui se déploie en dix « départements » de dix oeuvres chacun, et marque justement dans l'alignement des gestes, comme dans l'occupation de l'espace, une volonté de donner du dessin – voire une écriture et peut-être même une musique ? - à ce désordre. Ce travail de saturation de la surface débouche aujourd'hui sur une nouvelle série, toujours en cours où la couleur s'engorge d'elle-même et rutile : les lumineuses Brisées.